Luterbacher Thierry ... Le Sacre de l'inutile Bernard Campiche Editeur
ROMAN: Début des années septante, Gaston Latraviole, cordonnier, est mort en blaguant. Après une fête, il n’a pas fait la différence entre la fenêtre et la porte. Il a enjambé la fenêtre. Tous ses amis riaient, jusqu’au moment où ils ont réalisé qu’il venait de sauter du troisième étage. Son fils, Raoul, était orphelin. De sa mère, Irene, il a hérité de la maladresse à vivre. Elle est morte d’une pleurésie. Raoul s’est dit qu’une pleurésie, c’était mourir de trop pleurer. De son père, Gaston, il a hérité l’amour de l’inutile. Raoul ne savait pas quoi faire de sa vie. Alors, il peignait et vivait dans une communauté. La route était le seul endroit sur Terre où il ne se demandait pas pourquoi les femmes qu’il aimait le quittaient. Alors, il voyageait. La route, il lui parlait, il la prenait. Il voyait ses ténèbres et ses lumières, sa paix et ses guerres. Il la regardait et parfois la route dormait sur un lit de pierres et parfois elle s’agitait sur un tapis d’herbe tendre. Il roulait loin de lui sans savoir pourquoi en s’accompagnant de fumette. Tellement plus beau quand c’est inutile.
Luterbacher Thierry ... ENJEUX 3 'Elles étaient une fois' Théâtre en camPoche Bernard Campiche Editeur
Valérie Lou – Conversation avec l'
Thierry Luterbacher – Elles étaient une fois
Sarah Marcuse – Luna Parc
Michel Moulin – Pavot
René Zahnd – Kardérah
THIERRY LUTERBACHER
Elles étaient une fois…
Elles étaient une fois part à la recherche des traces de l’enfance. De ces instants qui ressurgissent toute une vie durant, sans que l’on sache vraiment pourquoi, et nous marquent à jamais. Des bulles de bonheur et de malheur qui nous construisent et nous détruisent. Ces moments qui racontent à quel point nous avons trahi notre enfance, ces moments qui nous emmènent tendrement, un pas en avant deux pas en arrière, dans un bac à sable.
Luterbacher Thierry ... Quidam Bernard Campiche Editeur
ROMAN: Quidam, c’est le récit de l’enfance de Calvin, choyé par sa maison soleil. Quand il sera grand, il veut «ne faire rien».
Il prend la route avec «deux amitiés pour la vie», Héloïse, la coureuse et Pierrot, le tueur. Magie de l’enfance, dégoût de l’école, amitié, amour, errance.
Quidam est un récit douloureux et pur, dominé par une écriture lumineuse et directe.
De l’innocence à outrance. On hésite à se laisser berner, à se laisser bercer. Cette détermination bien romande à se revisiter, à refuser la réalité... Et puis on baisse la garde, on cède «comme une pierre qui roule» sur un air de Dylan. À partir de là, l’enchantement. Le narrateur, Calvin, celui qui «est venu au monde sans pleurer», fugue avec Héloïse Nuage, «un caramel aux yeux de cannelle», et Pierrot, celui «qui répare les pannes pour que la vie puisse à nouveau rouler». Ensemble, ils endurent les dix ans, défrichent le grenier, «ce cimetière hanté par l’âme des choses», l’école, ce lieu où «les enfants apprennent les adultes par cœur». Le tout sur un ton cocasse et crédule, une langue aérée et lucide.
BLAISE HOFMANN, L’Hebdo
Luterbacher Thierry ... Le Splendide Hasard des pauvres Bernard Campiche Editeur
ROMAN: Le héros du Splendide Hasard des pauvres a beau se prénommer Youri, comme Gagarine, le premier homme qui est allé dans l’espace, il garde les pieds sur terre. Ses mots, en revanche, tournent dans le ciel depuis que la rage lui a mis un stylo à la main sous les applaudissements de son père, réfugié politique qui travaillait à l’usine.
Le romancier Youri Suarez est accueilli tel le fils prodigue lorsqu’il revient auréolé de gloire dans sa ville natale. Jadis indésirable dans les salons des péroreurs vêtus de plumes haute couture, il s’y voit maintenant invité. Un soir, il apparaît au milieu d’un poulailler huppé de la cité et demande à chacun de retrouver sa dignité, donc de continuer à l’ignorer: «Je n’ai pas changé, pourquoi avoir de la considération pour le même homme que vous méprisiez alors?» Sur ce, le vilain petit canard quitte la basse-cour honnie, où il ne s’aventure d’ailleurs plus au cours du récit, et rejoint ses frères humains de l’Hôtel Majestic.
(…) Auteur d’un premier titre remarqué, Un cerisier dans l’escalier, Thierry Luterbacher publie aujourd’hui Le Splendide Hasard des pauvres. Vivante, fleurie, intrépide, excessive par endroits, à la fois tendre et âpre, sa prose embarque Youri Suarez dans une histoire où on se sent «pris du vertige de l’image dans l’image jusqu’à l’infini des boîtes de fromage de [notre] enfance».
(…) À l’instar de son héros, Thierry Luterbacher a, selon son éditeur, dû apprendre à «gérer» son succès, mais ses phrases ne tournent pas autour de son nombril. Elles envoient leurs mots à la bataille aux côtés d’écorchés vifs, de doux rêveurs, de marginaux et fréquentent des lieux d’où pourraient surgir Benjamin Malaussène et sa tribu. Elles sont parsemées d’étoiles poétiques; certaines s’éteignent aussitôt lues, de nombreuses autres demeurent vivaces et scintillantes.
ÉLISABETH VUST, 24 Heures
Luterbacher Thierry ... Un Cerisier dans l'Escalier Bernard Campiche Editeur / Traduit en Allemand : Verlag die brotsuppe
ROMAN:Lucien Luthier monte l’escalier de son immeuble en sachant exactement ce qui l’attend à tous les étages.
Au troisième, plus rien n’est comme d’habitude. Une silhouette vaguement féminine est prostrée juste devant la porte de monsieur René Miche. Elle redresse la tête, le regarde et il n’est plus question de se détourner, ses yeux l’accrochent et tout est dit. Elle est comme ces insectes portant de magnifiques couleurs pour avertir ou tromper le prédateur : ne m’approchez pas !
Il s’assied sur une marche, sans rien dire, et attend. Lucien Luthier n’appartient pas à la race de ceux qui doivent toujours en savoir plus, comme il ne tient pas à ce que l’on en sache trop sur lui. Il ne pose pas de questions.
Il aurait pu rester là éternellement, assis sur cette marche d’escalier, la tête qui repose entre ses mains à se dire qu’il serait tellement mieux au lit.
Dans mon cahier de poète, à Bagatelle, écrit: ´stopper la poussière!´ On fêtait l´année de l´étalon Adroit Dans mon cahier, petit cahier, à Contestation, écrit: ´caraméliser la gaminerie!´ On fêtait l´année du Fond Affable