Chiacchiari Olivier ... Prudence (publié en allemand) Theater der Zeit (février 2008)
Aux abords d'une ville à la tombée de la nuit. Une femme vient de rater son bus. Elle s'assied sur la banquette et découvre une carte géographique qu'elle déplie.
Un homme arrive à son tour, valise à la main. Il tente d'aider la femme à se repérer sur la carte, mais voilà qu'ils ne parlent pas la même langue.
Le malentendu commence: lui la prend pour une touriste à cause de sa carte, elle le prend pour un touriste à cause de sa valise. En réalité tous deux habitent la même ville, le même quartier, la même rue. Des voisins d'origines différentes qui se retrouvent côte à côte pour la première fois, totalement étrangers l'un à l'autre.
S'ensuit un dialogue de sourd. L'ambiance se tend, l'incompréhension s'installe et la peur grandit. Un badaud s'en mêle, le ton monte, la paranoïa se propage. Chacun suspecte l'autre de vouloir l'agresser.
Le drame paraît inéluctable lorsqu'une polyglotte débarque. Maîtrisant toutes les langues, elle joue les interprètes avant d'exploiter l'incompréhension générale pour en tirer un maximum de profit.
Chiacchiari Olivier ... La Mère et l'enfant se portent bien Editions de l'Aire (2006)
Lui rêve de liberté et de grands espaces…
Elle de réussite professionnelle et de reconnaissance sociale…
Et voilà qu'ils se rencontrent, voilà qu'ils s'enflamment, voilà qu'elle tombe enceinte !
Pour ces amants insouciants, l'avenir n'est qu'une suite de plaisirs immédiats, mais aussitôt la grossesse annoncée, le quotidien les rattrape, des responsabilités surgissent et les problèmes commencent.
Et voilà que l'heureux événement se transforme en véritable cauchemar pour ces apprentis géniteurs qui n'avaient pas envisagé une seule seconde que faire un enfant… c'était accepter de vivre avec.
Chiacchiari Olivier ... La Preuve du contraire Editions Zoé (2003)
Imaginons que des intrus débarquent chez vous. Imaginons qu'ils vous brutalisent. Imaginons qu'ils vous somment de trahir votre meilleur ami. Comment réagiriez-vous ?
Imaginons maintenant que vos voisins s'en mêlent, que la rumeur se déchaîne contre l'ami en question, qu'on vous bombarde de spéculations à son sujet, qu'on vous submerge d'informations contradictoires, qu'on vous assène tout, n'importe quoi et son contraire, à tel point que vous ne distinguiez plus le vrai du faux... Comment réagiriez-vous, dites ? Trahiriez-vous votre ami ou non ?
Cette question, que nul ne voudrait jamais avoir à se poser, le protagoniste de cette histoire va devoir y répondre. Contre toute attente.
Traduction italienne, SSA, 2005.
Chiacchiari Olivier ... Les Passeurs (in De Mémoire d'ondes - Mémoire et résistance à toutes les formes d'infâmies) Editions Lansman (2000)
Pièce radiophonique.
Deux hommes accompagnent leur 'client' jusqu'à l'aéroport. Ce dernier reste muet pendant tout le trajet, ce qui ne manque pas de crisper les les deux autres. Un certain mystère entoure cette mission nocturne et oppressante. Le suspense croît jusqu'à l'embarquement final, où la situation se dénoue enfin et les motivations réelles se dévoilent.
Chiacchiari Olivier ... La Cour des petits suivi de Sale Histoire Editions Zoé (1998)
Certains prétendent écrire comme ils veulent. Moi j'écris comme je vois. Et ce que je vois est une farce. Au quotidien. Une farce énorme, grossière, caricaturale : de faux-semblants en contradictions, de tricheries en civilités, de parjures en renonciations, nous cheminons masqués, les uns parmi les autres, comme autant de pantins amnésiques. La façade se cultive, l'indolence gagne, l'imposture se banalise, le cynisme s'érige en religion... Nous sommes passés maîtres dans l'art du ridicule. Dès lors, quelle crédibilité accorder à nos actions ? Comment les considérer avec sérieux ? Vous, moi, tous acteurs et complices de cette formidable farce. Farce dont chacun de nous, un jour ou l'autre, sera le dindon.
La Cour des Petits (1998) a remporté le Prix littéraire de la Société genevoise des écrivains en 1998.
Sale Histoire (1995) a remporté le Prix du dialogue au Festival du film de Soleure en 1997.
Traduction allemande, SSA, 1999
Chiacchiari Olivier ... Le Drame Editions Zoé (1997)
C'est l'histoire d'un deuil.
A la mort violente d'un jeune homme, ses proches viennent lui rendre un dernier hommage. Mais la cérémonie est à peine terminée que tous s'accommodent de sa disparition jusqu'à faire leurs affaires sur son dos. Rien de plus banal qu'un deuil et le nécessaire oubli qu'il appelle. Le scandale réside ici dans sa brièveté : le mort n'est pas encore enterré qu'il est déjà oublié. C'est que l'auteur a contracté le temps. Respectueux des trois unités de la dramaturgie classique, Olivier Chiacchiari a l'art de les plier à son propos. C'est là que son écriture innove. Il suffit que le travail du deuil se déroule en accéléré pour qu'il tourne à la farce. Derrière nos comportements ordinaires, c'est notre monstruosité secrète que l'auteur donne à voir. C'est qu'il est un maître de l'humour noir.
Claude Stratz
Traduction allemande SSA, 1999
Chiacchiari Olivier ... Le Livre des machines suivi de Nous le sommes tous L'âge d'homme (1996)
Le Livre des Machines (1996)
D'un côté, le fidèle, de l'autre, le profane, entre les deux : la machine. Le fidèle, adepte invétéré de l'écran-clavier, loue les bienfaits de cette machine, ses oeuvres extraordinaires, sa toute puissance, le profane, lui, est sceptique, incrédule, cartésien... incrédulité qui peut conduire à la profanation suprême. Les scènes se succèdent, les deux hommes s'affrontent, dévoilant tour à tour une tragique solitude, enlisés qu'ils sont dans un univers définitivement technologique. Technologie qui aliène les rapports humains, bouleverse les règles morales, psychologiques et spirituelles.
Malgré l'énergie, les contradictions et les joutes verbales des deux protagonistes, de scène en scène, le décalogue apparaît et la machine sacralisée finit par imposer ses commandements.
Sept variations sur un même thème : la capacité que nous avons de nous renier, de changer d'avis, de retourner notre veste en un clin d'oeil... Autant de volte-face spectaculaires, surprenantes, alimentées par nos petites lâchetés, nos peurs, nos angoisses, astucieusement dissimulées derrière une rhétorique péremptoire et implacable. Ainsi, par exemple, deux hommes qui assistent passifs à une rixe, s'interrogeant toute la scènes durant sur la meilleure façon d'intervenir...
En barque sur les étangs du verbe Subsister Indéfiniment. La tempête se levait... Le verbe Nettoyer râlait dans mes bras Le verbe Déballer descendait dans mes bras En barque sur les étangs du verbe Décéder Convenablement. Des eaux très calmes...